Pour qui n’a jamais entendu parler de la Fronde, écoutez cette histoire, elle donne à réfléchir…
Il était une fois, il y a bien longtemps de cela, un gentil petit roi encore dans l’âge de l’enfance qui après la mort de son père se retrouva bien seul avec un si vaste royaume à gérer que sa gentille maman d’origine espagnole bien qu’elle fut dénommée d’Autriche en prit les rênes.
Cette gentille maman se sentant seule à gouverner fit rappeler l’ancien conseiller de son défunt mari. Ce cardinal, romain d’origine devint alors l’un des plus grands et plus puissants ministres que le royaume eût connu.
En ces temps de crise, les habitants du royaume étant si désargentés et si malheureux, frappés par la guerre, les impôts, qu’ils en arrivèrent à souhaiter la chute de ce légat si peu pieux, et si avare d’argent et de coeur.
Dans leurs châteaux éloignés de la cour, les princes de sang et d’épée en vinrent alors à comploter. Mûrissant leur félonie à l’abri de leurs tours d’argent, de leurs plats bien garnis, les « Grands » comme on les surnommait finirent par s’unir, si affolés d’être un jour tenus à l’écart des affaires.
Ils se mirent donc en quête de faire choir de son semi trône ce romain bien inquiétant, et par la même occasion cette reine si peu française. Malheureusement pour eux ce pourpreux obséquieux était en tout point étonnant.
Beau, intelligent, il avait pour son pays d’adoption, une si tenace passion, qu’il poussa ces intrigants à la faute. Nos princes moins à l’aise que lui à manier l’esprit et plus habiles à combattre ne virent pas qu’en fait sous les traits d’un cardinal belliqueux se cachait l’un des pères de l’avenir de cette nation.
Durant une longue période, ce prince de l’Eglise dut fuir, laissant derrière lui ce gentil petit roi seul avec sa mère délaissés par leurs sujets. Reprenant peu à peu de l’autorité dans son royaume, il leva des armés et combattît un à un les princes et finit par ramener l’ordre dans la maison.
Convoquant tour à tour les grandes nations de l’époque que ce fut sur les champs de bataille, ou autour d’une table de négociation, il réussit le tour de force d’unir en un traité la fille du royaume ennemi et le fils du royaume : notre gentil petit roi.
Une fois les noces célébrées, notre malin prélat fut tant épuisé, qu’il en mourût, sans toutefois oublier de laisser à notre gentil petit roi les règles simples de gouvernance : l’intelligence et l’esprit entièrement dédiés à la bonne tenue d’un royaume sans égalité.
Trois cents ans depuis, nous ne connaissons pas à moitié, ces règles si précises qu’elles n’ont été que très peu modifiées, tout au plus ont-elles subi quelques aménagements afin de ne point nous paraître trop obsolètes au risque de nous en dégoûter.
Constatant que notre royaume n’a pas beaucoup changé, en ces temps si troublés, je remercie cette éminence qui avec acharnement, en réussissant son enseignement nous a mené ici et maintenant.
Ar
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